Aline – Tarn

Témoignages

J’ai découvert que j’étais lesbienne vers mes 20 ans. A ce moment-là tout comme aujourd’hui, être lesbienne est une des facettes de ma personnalité qui en comprend de nombreuses autres.

Mes parents on su rapidement que j’étais attirée par les femmes, mais je rechignais à m’afficher comme telle dans l’entourage tarnais de mes parents. Quand on me demandait si j’avais un petit copain, je répondais seulement « Non, pas pour le moment ». A Toulouse (où j’ai habité), je répondais « Non, je n’ai pas de petite copine ». Depuis 4 ans, je joue également une conférence gesticulée « L’engagement est dans le pré » où je parle entre autre du fait d’être lesbienne à la campagne. J’ai longtemps refusé de la jouer dans mon département. J’avais peur de m’afficher. J’avais peur que cela devienne mon descriptif – J’ai vu Aline l’autre jour – Aline, qui ? – Mais tu sais la lesbienne – Ah, oui je vois.

J’ai grandi sans repères sur l’homosexualité en rural. Je ne connaissais personne dans mon entourage « adulte » qui était en relation avec une personne du même sexe. Je me rappelle que quelque fois on parlait des vieux garçons ou vielles filles qui habitaient à l’orée du village. Si on réfléchit deux minutes, on se doute bien qu’ils ou elles sont en couple. En ne mettant pas de mots, on invisibilise et chacun achète une part de la paix sociale. Récemment j’ai échangé avec un copain gay, qui a vécu la même chose. En milieu rural, c’est difficile de se construire en tant que gay, lesbienne et ne parlons pas de non-binaire ou trans, car nous n’avons pas de miroir. Nous grandissons dans un environnement qui ne nous dit pas que c’est possible, que ça existe. En découvrant être attirée par les femmes, j’ai dû me construire un imaginaire alors j’ai regardé des films ; tant qu’il y avait deux femmes ou deux hommes ça faisait l’affaire, la qualité du scénario ou du jeu importait peu. Encore aujourd’hui, j’ai besoin de regarder ce type de vidéo, malheureusement peu se déroulent dans un cadre rural.

Mon rêve : Aujourd’hui, je croise dans mon parcours de plus en plus de couple de femmes ou d’hommes qui s’installent en agriculture. Je rêve, que nous serons chacun et chacune à notre manière, les miroirs de jeunes ruraux.ales qui ne se demanderons plus : Est-ce que c’est possible ?

Dans 1 ans et ½ je retourne m’installer officiellement dans le Tarn. Je reviens poser mes valises là où j’ai dit mes premiers mots et faits mes premiers pas. Avec 3 autres personnes, nous reprenons la ferme de mes parents.

J’ai besoin de me sentir connecté à mes différentes identités. Ne plus en laisser une seule trainer derrière. Ainsi me sentir complète, fière de celle que je suis.

Mon objet : Un bracelet au couleur du drapeau LGBT qui j’ai acheté à ma première gay pride à Toulouse. Il est resté longtemps sur le levier de vitesse de ma voiture à la fois un message fort et discret.

octobre 2019

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