Perrine – Deux-Sèvres

Témoignages

Quand j’étais petite, vers 6 ans, je me souviens avoir demandé ce que voulais dire le gros-mot « PD », et que ma mère m’avait expliqué très succinctement, l’air gênée que ça venait du mot pédéraste qui voulait dire deux hommes amoureux ou quelque chose comme ça. Donc vers 6 ans j’ai appris avec un grand étonnement que deux hommes avaient le droit d’être amoureux, que c’était relativement admis. Mais vu la façon dont ma mère en parlait, ajouté au fait que ça soit aussi une insulte, j’avais deviné que ce n’était pas très valorisé dans la société. Mais quand même j’avais considéré ça comme un nouveau possible et c’était déjà réjouissant. Etonnement, malgré cette information, je n’ai pas fait de lien logique sur la possible existence d’une homosexualité féminine…

Dans ma tête c’était donc impossible, ça n’existait pas.

J’habitais dans un milieu rural et mes parents étaient très pudiques sur la sexualité. Dans les années 90 il me semble qu’il y avait une absence totale de lesbiennes dans les médias. Ce n’est donc que vers onze ou douze ans que j’ai découvert l’existence des lesbiennes, et que j’ai donc compris que je n’étais pas un extra-terrestre, seule « fille » sur terre à être amoureuse de femmes. Avec du recul aujourd’hui ça me semble complètement incongru et presque moyenâgeux de n’avoir eu accès à cette information que si tard. Je crois que c’était en tombant devant le film « Gazon maudit » à la télé (où Josiane Balasko joue une lesbienne camionneuse assez cliché), et il me semble que je n’avais pas eu le droit de voir le film en entier.

juillet 2020

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